Cet article constitue les notes de l’épisode du Podcast de Kristelle n°126 – Les grands-parents et l’éducation de nos enfants

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🤓 Une question récurrente

Récemment, l’une d’entre vous m’a envoyé ce message sur instagram :

Message de Flavie : Bonjour, je ne sais pas si vous verrez ce message mais je me permets de vous poser une question car j’aime beaucoup votre approche de la parentalité. Comment répondre à des grands-parents (ou autres) qui ne comprennent pas quand les parents de nouveaux nés ne veulent pas laisser porter / s’occuper de leur bébé, surtout les premiers mois ? Quoi répondre à “mais c’est pour créer du lien avec ma petite fille/mon petit fils, ça ne va pas le “tuer” qu’il/elle soit dans les bras d’une tierce personne” Souvent ces paroles sont dîtes avec bienveillance mais ne prennent pas en compte le choix des jeunes parents qui ne veulent pas peut-être pas confier leur bébé à quelqu’un d’autre, même si c’est quelqu’un de leur famille.
Comment faire comprendre ce choix, tout en entendant leur envie de se rapprocher de ce nouvel petit enfant ?
Merci pour le temps passé à lire ce message et la réponse.

Comme c’est une question qui revient très très souvent, j’ai eu envie d’y répondre avec un contenu un peu plus long qu’un message insta ou une story !

⛔️ Est-ce une relation toxique ?

Il ne me semble pas que ce soit le cas dans le message que j’ai reçu, mais avant même que l’on aille plus loin, on peut commencer par se demander si l’on ressent le besoin de prendre ce temps parce qu’il y a une relation toxique entre nous et les personnes à qui l’on préfèrerait ne pas faire porter notre bébé. On peut se demander :

 

 

Si l’on réalise que l’on ne se sent pas en sécurité dans la relation, alors il est vraiment préférable de remettre au plus tard possible les visites postnatales. Si l’on peut vivre des désaccords dans la relation mais qu’elle n’est pas toxique (on ne se sent pas en danger, notre intégrité physique, psychique et émotionnelle est respectée), alors on va pouvoir poursuivre la réflexion.

 

 

🤱 Pourquoi veut-on éviter que notre bébé soit pris dans les bras, ou de le confier à quelqu’un d’autre que ses parents ?

Dans mon observation, ce choix est souvent motivé par le soucis de prendre soin de son bébé, de lui offrir le plus de proximité possible après la naissance, parce qu’on a compris que cette proximité était essentielle pour nos bébés.

Ce maternage proximal peut passer par :

 

👉 Et le choix, donc, de limiter au maximum la séparation de la maman et du bébé, pour préserver la dyade maman-bébé (parfois aussi appelé « mamatoto »).

 

Lorsque l’on pratique ce maternage proximal, on souhaite offrir à nos bébés une continuité entre la vie intra-utérine et leur postnatal, pour une naissance et les jours qui suivent les plus doux possibles.

Cette démarche s’appuie largement sur le concept du continuum que l’autrice américaine Jean Liedloff publiait en 1975 (il y a quasiment 50 ans).

“Ce que le bébé va rencontrer et expérimenter juste après la naissance va déterminer sa perception de la vie. Le bébé n’a pas été préparé par la nature, par son continuum à se retrouver dans le néant, dans la “non vie”, perdu dans un panier rempli de tissu ou dans une boîte en plastique (le couffin de la maternité) sans mouvement, sans son, sans odeur ou sans sensation de vie.” – Jean Liedloff

 

Cette approche est bien entendu une approche que je soutiens, mais j’aimerais y apporter un peu de nuance :

👉 on a transposé la compréhension de ce concept de continuum à notre société occidentale, basée sur le modèle de la famille nucléaire, mais si l’on observe d’un peu plus près la plupart des cultures dans lesquelles le continuum est encore, ou était respecté, le modèle familial n’est pas celui de la famille nucléaire : selon Ingrid Bayot, sage-femme autrice du livre Le quatrième trimestre, il y avait 5 à 6 adultes pour prendre soin d’un nouveau-né : parents, grands-parents, tantes, etc…

Dans le principe de continuum, l’enfant n’est jamais laissé seul, mais ça ne signifie pas que c’est 100% du temps la mère, ni même les 2 parents qui répondent aux besoins continuels de proximité du bébé

En réalité, dans les cultures où la parentalité proximale est la norme, les bébés ne sont jamais laissés seuls, mais les mères non plus ! Et tous les adultes répondent aux besoins des bébés, pas uniquement les mères.

C’est aussi ce que met en évidence Michaeleen Doucleff dans son livre Chasseurs, cueilleurs, parents 

👀 Un regard en arrière

A l’inverse dans notre culture, l’obstétrique moderne et même parfois la pédiatrie ont encouragé les mères à ne pas écouter les grands-mères, les tantes, à écouter les spécialistes, et à se détourner d’une certaine manière, des connaissances familiales, qui pouvaient être basées sur des vieilles croyances désuètes, mais qui étaient aussi parfois basées sur des connaissances empiriques, sur l’observation, l’expérience et le bon sens.

L’une des premières actions de l’obstétrique moderne a d’ailleurs été de sortir les grands-mères, les tantes, les voisines de l’espace de naissance.

Par ailleurs, jusqu’à il y a quelques décennies (et malheureusement encore aujourd’hui) les professionnels de santé et de puériculture encourageait largement une éducation distanciée

etc…

Et d’une certaine manière, nous sommes les héritières de tout ce chemin, de toute cette histoire, et de ce tiraillement entre ces 2 polarités : éducation distanciée et éducation proximale. Et le principe de séparation dans l’éducation distanciée, ne s’est pas fait juste entre les parents et leurs enfants bébé, mais aussi entre les nouveaux parents, et leur entourage. C’est l’une des raisons (pas la seule bien sûr) qui contribue à ce que les mamans ressentent tant de solitude et de fatigue en postnatal et plus largement dans les premières années de vie de leurs bébés.

A l’inverse, dans un post-partum en maternage proximale, qui va dans le sens du continuum, ce n’est pas un post-partum dans lequel les parents seraient seuls en osmose avec son bébé, mais un post-partum où la famille serait entourée, soutenue, choyée, et où l’ensemble des adultes répondent aux besoins du bébé et de la maman. Un postpartum où personne n’est mis à distance (sauf cas de relation toxique bien sûr).

🦋 Dans la pratique

 

Maintenant que l’on a dit ça, il y a bien sûr un univers entre la théorie et la pratique, et de remettre la question posée dans un contexte plus global n’empêche pas qu’il puisse y avoir des désaccords entre les jeunes parents et les grands-parents, sur l’implication et la place de chacun.

Donc on peut se demander quels sont mes besoins ? Quelles sont mes envies ? Comment j’ai envie de vivre ça ?

Et finalement, on va pouvoir le transposer à d’autres situations que l’on peut vivre avec nos parents ou beaux-parents:

 

N’oublions pas que les grands-parents aussi apprennent leur rôle, vont faire des erreurs, vont s’ajuster, tout comme nous en tant que parents, nous devons apprendre notre rôle (et continuer de l’apprendre à mesure que nos enfants grandissent), nous allons faire des erreurs, et nous allons nous ajuster. Quand les grands-parents sont là, qu’ils ont envie de s’impliquer, et qu’ils ne sont pas toxiques, c’est précieux, même si on n’a pas 100% la même vision, et qu’il y a des désaccords. Tous les professionnelles qui nous accompagnent, les sages-femmes, les doulas, les coachs parentaux, les experts dont on lit les livres seront là pour un temps dans nos vies, et nos enfants ne se souviendront probablement pas ou peu de leur noms. Mais les grands-parents sont là pour toujours dans la vie et le coeur de nos enfants, ils sont aussi là d’où nos enfants viennent, ils font partie de leur histoire.

On ne peut pas savoir ce que c’est, l’amour et le besoin et les enjeux de lien de grand-parent, avant de l’avoir vécu, tout comme on ne pouvait pas savoir ce que c’était l’amour, le besoin de liens, et les enjeux qu’on vit avant de devenir parents, pourtant c’est une expérience hyper commune, hyper banale, mais qui quand on la vit devient absolument centrale dans notre vie, et change parfois notre regard du tout au tout.

Donc évidemment on fait les choses différemment, évidemment on doit prendre notre place, exprimer nos besoins, nos envies, évidemment, au final, c’est nous qui décidons pour nos enfants. Mais personnellement, si la relation n’est pas une relation toxique pour nous ou nos enfants, j’aurais plutôt tendance à vraiment privilégier le lien, à encourager les parents à exprimer leurs besoins à la génération au-dessus, à prendre leur place, à circonscrire l’espace pour ne pas se laisser envahir si besoin, mais en gardant en conscience à quel point ce lien, s’il n’est pas toxique, est précieux, et comme c’est beau, normal et sain que nos propres parents aient envie d’être présents pour nos enfants,

 

 

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