Olà chère Soulpreneuse, bienvenue dans les notes de podcast de l’épisode 99 du podcast des Soulpreneuses. Cette semaine je te parle manifestation, loi de l’attraction et entrepreneuriat !
Avant d’aller plus loin, 2 infos à te partager :
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2 – Cet article est en lien avec l’épisode de podcast n°99 – Manifestation et entrepreneuriat
Le contexte 🤓
Je me suis beaucoup demandé récemment pourquoi le courant de pensée de la manifestation et loi de l’attraction imprègne autant l’entrepreneuriat dans les domaines du bien-être.
Pour ma part j’ai été séduite pas le fait que cette croyance met en lumière l’importance de notre état d’esprit, de nos croyances limitantes et le fait qu’on agisse avec certains conditionnements, sur lesquels on peut réfléchir et agir. C’est une façon de reconquérir son pouvoir personnel, qui me parlait beaucoup.
Pourtant j’observe (et je ne suis pas la seule, je pense notamment à La good mood only) un basculement dans la croyance que tout ce qui nous arrive est lié à notre pensée et qu’en contrôlant nos pensées, nous pourrions créer dans notre vie et donc dans notre entreprise le succès que l’on veut voir apparaître.
Autour du rapport à l’argent, c’est vraiment frappant : par exemple si on vient d’une famille très modeste, et que l’on a toujours entendu dire que les gens riches sont des vendus, ou des gens qui s’enrichissent nécessairement au profit des autres, ça va être difficile pour nous de nous identifier à une personne qui crée de la richesse, car créer de la richesse est pour une partie inconsciente de nous-même, synonyme d’être une mauvaise personne, et ça, c’est quelque chose que personne ne souhaite. C’est donc super précieux de prendre conscience des croyances qui vivent en nous, de se demander qu’elles sont celles qui nous utiles vers la réalisation de notre objectif, mais ce n’est pas pour autant qu’en pensant que l’argent est formidable et qu’on l’accueille dans notre vie que l’on va manifester un million d’euros (évidemment!).
J’ai eu envie, cette semaine, de vous parler des 3 grands effacements problématiques à mon sens, quand on bascule dans une forme de croyance qui appliquerait ce courant de pensée comme une véritable loi universelle à laquelle se référer pour développer notre entreprise.
L’effacement politique 🧘🏽♀️
Sous ce côté empowerment et pouvoir personnel, qui voudrait que nous soyons toutes et tous égaux face à l’univers qui nous soutiendrait toutes et tous, et qu’il suffirait d’être aligné, de vibrer de la bonne manière, toute forme de discriminations ou violences systémiques est niée, alors que pourtant, elles existent bel et bien dans notre société.
Personellement je viens d’une famille modeste, recomposée, ma mère s’est mariée avec un homme marocain qui est arrivé en France à ses 18 ans, et j’ai vécu le racisme de l’intérieur sans le subir directement moi-même, et c’était une réalité il y a encore 20 ans que ma mère et mon beau-père ne donnait jamais le nom de celui-ci pour trouver un appartement à louer par exemple, car ils avaient tout à fait conscience qu’avec le nom de mon beau-père ils auraient beaucoup moins de chance de pouvoir accéder à la location. Et évidemment c’est malheureusement un exemple parmi tant d’autres.
Donc oui, on peut rester positifs, et trouver des chemins qui nous amènent malgré tout à nos objectifs, mais pour certains ou certaines cela demande plus d’énergie, plus d’efforts, plus de volonté, plus de persévérance que pour d’autres, qui par exemple naissent hommes, blancs, héritent directement d’un appartement et peuvent faire de hautes études, bénéficient de réseaux et soutiens qui leur ouvrent toutes les portes. Ça ne veut pas dire que ces personnes n’ont pas de mérite, simplement qu’il y a certaines facilités sur leur route.
Et dire aux personnes qui n’ont pas ces facilités qu’il suffit d’être aligné et de faire du journaling, c’est évidemment faux et cruel.
Remettre entre les mains des individus la responsabilité de problèmes systémique et collectifs nous empêche aussi de les adresser collectivement, sous un angle plus politique, ce qui serait super intéressant à traiter. Si c’est un sujet qui vous intéresse vous pouvez écouter des podcast comme kiffe ta race, les enfants du bruit et de l’odeur, suivre des comptes comme décolonisons nous et histoires crépues, et le podcast féministe un podcast à soi.
👉Pour conclure cette partie, on a toujours une certaine marge de manœuvre pour réagir à nos circonstances extérieures, mais ça serait tendre à une forme de névrose que de nier ces circonstances, ou de s’en tenir pour responsable, comme si tout ce qui nous arrivait était le résultat de notre pensée : une récolte fichue parce qu’il a grêlé en avril, ce n’est pas lié à nos pensées, on peut reprendre notre pouvoir personnel en décidant de ne pas se laisser abattre par ça, de chercher des pistes pour rebondir, mais ça reste que cette année-là, il aura grêlé, ce qui n’était pas le cas de l’année précédente, et par conséquent nous devons nous adapter à nos circonstances extérieures, du mieux que nous le pouvons.
L’effacement de la co-création
Un autre point important qui nous ramène à l’entrepreneuriat, c’est celui de notre toute puissance créatrice (ou de la toute puissance créatrice de notre pensée). Perso je trouve plus juste de parler de co-création. On ne crée jamais seule, à partir de rien. L’argent qui entre dans notre entreprise ne vient pas de l’univers, il vient d’autres humains, qui ont des besoins, des attentes, et qui viennent vers nous avec un objectif spécifique également.
C’est d’ailleurs hyper important en entrepreneuriat d’être à l’écoute de l’autre, évidemment dans les métiers du bien-être, mais plus largement dans l’entrepreneuriat au général, puisque le rôle premier d’une personne qui entreprend, c’est de répondre à un besoin. Donc il faut savoir identifier et comprendre les besoins de notre secteur d’activité, pour faire des propositions à nos futures clientes. C’est comme une danse : on se répond, il y a d’un côté les besoins des clientes, de l’autre le service que l’on offre.
Si on part bille-en-tête en se disant que ce qu’on fait va être génial, qu’on va forcément cartonner avec notre service parce qu’on y croit à fond et qu’on a l’univers de notre côté, c’est top d’avoir cette confiance inébranlable, mais si on n’a pas pris le temps de prendre le pouls en face, de s’assurer que notre offre peut plaire, s’assurer qu’elle est bien présentée, qu’elle est accessible pour nos futures clientes etc… on prend le risque de se retrouver avec notre offre sur les bras, l’univers à nos côtés, et pas beaucoup plus au final.
Selon moi, l’intuition entrepreneuriale ne nous vient pas d’une force magique qui sommeille à l’intérieur de nous, mais de notre sensibilité à notre secteur d’activité, à nos clientes, à notre audience,… pour moi, cette intuition s’appuie sur nos désirs personnels profonds, ET sur ce que nous observons de notre environnement, c’est à dire précisément les besoins du moment, auxquels nous pouvons répondre avec notre entreprise
👉 Si on veut avoir de l’impact, il faut être à l’écoute, savoir saisir les propositions de la vie, et ça selon moi, ça veut dire accepter en premier lieu que l’on n’est pas 100% auto-référente, que l’on construit avec les autres, pour les autres, à travers les autres, et non à travers de notre seule inspiration, ou juste de ce que l’on canalise de l’univers.
L’effacement stratégique
L’autre point très dommageable c’est que malheureusement très souvent lorsque l’on associe manifestation et entrepreneuriat, toute la dimension concrète, stratégique, structurelle de l’entrepreneuriat se trouve effacée, c’est à dire tout simplement toutes les compétences nécessaires pour être entrepreneuse et permettre à notre entreprise de se développer.
S’il suffit de vibrer l’abondance pour attirer des clientes à quoi bon se prendre la tête sur l’apprentissage d’outils de marketing qui en plus la plupart du temps sont rébarbatifs ! A quoi bon apprendre à communiquer correctement sur nos services s’il suffit de vouloir très fort avoir des clientes et de les magnétiser à soi ?!…
Cette dimension est vraiment problématique car elle maintient les entrepreneuses du bien-être dans l’ignorance des compétences dont elles auraient besoin pour voir grandir leur entreprise et parfois pour tout simplement en vivre.
Elle nous maintient dans l’illusion qu’il suffirait de le vouloir suffisamment fort, avec suffisamment de conviction, de travailler nos blessures passées, de faire plus de shadow work, ou je ne sais quoi d’autre, alors que ce dont on aurait probablement besoin, c’est plutôt d’un cours de marketing pour comprendre qu’est-ce qui empêche nos futures clientes de prendre nos services, ou d’une vraie stratégie pour développer notre communication, de mettre les mains dans la compta, de gérer mieux l’administratif etc…
Aujourd’hui je pense que si ce courant de pensée à autant de succès, c’est aussi précisément parce qu’il nous permet de ne pas aller regarder de ce côté-là. Suivez-moi, on fait un petit détour par une vision plus féministe de la situation…
Les métiers du bien-être sont bien souvent identifiés comme des métiers que l’on fait par vocation, et non par intérêt personnel, surtout pas pour gagner de l’argent, et c’est très intéressant d’observer ça sous un angle féministe : ces métiers sont souvent pratiquées par des femmes (pas exclusivement, mais ça reste un métier très féminin), et l’histoire féministe nous enseigne que “prendre soin” était d’abord l’un des rôles sociales des femmes, et qui était pensé comme découlant d’une qualité naturelle.
Or si c’est naturel, est-ce que ça mérite d’être payé ? Si notre pratique n’est pas le fruit d’un long apprentissage, demandant des compétences bien spécifiques que l’on a dû maturer et affuter au fil des ans, mais juste finalement une capacité naturelle et intuitive à prendre soin de l’autre, alors est-ce que cela mérite que l’on soit payé pour cela ?
Sans compter que bien sûr, dans notre société patriarcale, les femmes sont poussées au don, à ne pas trop réclamer, à ne pas faire les choses par intérêt personnel, mais pour leur famille, leur couple, ou la société en général… Ce qui est une belle valeur en soit, mais nous maintient collectivement dans un rapport à l’argent complexe d’attraction-répulsion.
Donc par conséquent, être une femme ET pratiquer un métier du bien-être, c’est comme une double raison de ne pas apprendre les techniques entrepreneuriales qui nous permettre d’expanser notre activité, puisque nous ne sommes doublement pas sensées vouloir faire de l’argent avec ça.
C’est d’une certaine manière beaucoup plus acceptable d’apprendre à bien vibrer l’abondance grâce à la manifestation, plutôt qu’à utiliser des leviers de vente marketing efficaces, même si ça ne fonctionne pas, que ça nous laisse dans l’ignorance voire la culpabilité, et que ça renforce les discriminations que nous subissons en temps de que femmes qui entreprennent et femmes tout court (on sait aujourd’hui à quel point les femmes sont plus fragiles que les hommes économiquement parlant dans notre société).
Finalement, sous couvert de retrouver notre pouvoir personnel, on s’accroche à une vision genrée de l’entrepreneuriat, qui ne nous rend pas du tout, du tout service pour atteindre nos objectifs : cela nous maintient dans une forme de discrimination face à des compétences comme le marketing et la stratégie entrepreneuriale, et oui on peut vouloir entreprendre et entreprendre différemment, en respectant un rythme plus soutenable et avec des valeurs qui ne sont pas nécessairement celles du capitalisme mais malheureusement c’est le monde dans lequel nous vivons donc si on veut jouer ce jeu, il faut en comprendre les règles, non pas forcément pour toutes les appliquer aveuglément sans conscience, mais pour pouvoir choisir. Rester dans l’ignorance, ce n’est pas choisir. Le savoir, c’est le pouvoir !
Envie d’aller plus loin ?
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Voilà chère Soulpreneuse,
Si tu as des questions ou envie d’échanger n’hésite pas à m’écrire par mail 💌 ou en MP sur mon instagram @kristellecardeur, je serais ravie d’échanger avec toi et d’en savoir plus sur ton activité ! Je t’envoie plein de belles pensées et d’encouragements vers tes objectifs du moment, et je te dis à très bientôt dans la Lettre des Soulpreneuses que j’envoie chaque vendredi pour encore plus de contenu exclusif sur l’entrepreneuriat holistique et stratégique !
Prends bien soin de toi,
Kristelle 🌿
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